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Kalimba, mbira, sanza : quelles différences exactement ?

Les trois mots désignent des lamellophones, c'est-à-dire des instruments à lames pincées, mais ils ne sont pas synonymes. Sanza est le terme générique le plus répandu en français. Mbira désigne précisément les instruments des Shona du Zimbabwe, avec vingt-deux lames ou plus et un accordage traditionnel. Kalimba désigne l'instrument moderne accordé sur la gamme de do majeur, créé en 1954.

Kalimba, mbira et sanza sont-ils le même instrument ?

Ils appartiennent à la même famille, celle des lamellophones, et fonctionnent tous selon le même principe : des lames de longueurs différentes fixées sur un support, que l'on pince avec les pouces. Sur ce plan mécanique, oui, c'est le même instrument sous trois noms.

Musicalement, non, et la différence est majeure. Elle ne porte pas sur la forme du corps ni sur le matériau mais sur trois choses : le nombre de lames, l'accordage, et le répertoire auquel l'instrument donne accès. Une mbira traditionnelle et un kalimba à dix-sept lames ne jouent tout simplement pas la même musique.

L'analogie qui aide : luth, guitare et oud reposent sur le même principe de cordes pincées sur un manche, et personne ne les confond. C'est exactement la même situation. Le mot lamellophone est le terme organologique neutre qui les recouvre tous les trois.

Qu'est-ce qu'une mbira exactement ?

La mbira est l'instrument des Shona du Zimbabwe et des régions voisines. Sa forme la plus connue, la mbira dzavadzimu, compte vingt-deux à vingt-quatre lames de métal réparties sur trois rangées, dont une rangée jouée par l'index droit et non par les pouces. Elle se place traditionnellement dans une grande calebasse résonante, la deze, souvent garnie de capsules ou de coquillages qui produisent un bourdonnement volontaire.

Son accordage ne correspond pas à la gamme tempérée occidentale. Il varie d'une lignée de musiciens à l'autre, et ces variations font partie de l'identité musicale de chaque groupe. On ne peut donc pas jouer une tablature de kalimba sur une mbira, ni l'inverse.

Son répertoire est composé de cycles répétés de longue durée, joués le plus souvent à deux instrumentistes qui tiennent des parties complémentaires. C'est une musique de construction collective, très éloignée de la mélodie unique jouée en solo sur un kalimba.

D'où vient le mot sanza ?

C'est le terme qui s'est imposé en français, principalement par l'intermédiaire de l'Afrique centrale francophone, où il désigne les lamellophones locaux. Vous le trouverez dans la plupart des ouvrages francophones d'ethnomusicologie du vingtième siècle comme nom générique de la famille entière.

Sanza n'est donc pas un instrument précis mais une appellation large. Selon la région, une sanza peut avoir cinq lames sur une planchette ou une vingtaine sur une caisse, être en bois ou montée sur une demi-calebasse, et suivre des accordages très divers.

Une conséquence pratique pour l'acheteur : quand une boutique vend une sanza, il s'agit presque toujours d'un kalimba diatonique moderne, vendu sous un nom plus évocateur. Vérifiez le nombre de lames et l'accordage annoncé, ce sont les deux seules informations qui vous disent ce que vous achetez réellement.

Qu'est-ce que change réellement le choix, quand on joue ?

Trois choses concrètes. D'abord la compatibilité avec les tablatures : la totalité des tablatures disponibles en ligne est écrite pour un kalimba diatonique en do majeur. Un instrument accordé autrement les rend inutilisables sans transposition complète, ce qui suppose de savoir déjà relever une mélodie d'oreille. Autant dire que ce n'est pas le point de départ le plus confortable.

Ensuite la possibilité de jouer avec d'autres. Un kalimba en do majeur s'accorde avec un piano, une guitare ou une voix sans discussion. Un instrument à accordage traditionnel ne se superpose à aucun de ces repères, ce qui est parfaitement légitime musicalement mais complique le jeu collectif.

Enfin la technique. Une mbira à trois rangées demande un doigté à trois doigts, avec un index droit qui joue par en dessous. Un kalimba se joue à deux pouces. Ce n'est pas une question de difficulté supérieure, c'est un geste entièrement différent, qui s'apprend auprès de musiciens et non dans une tablature.

Lequel acheter quand on débute ?

Un kalimba diatonique, sans hésitation, si votre objectif est de jouer des mélodies que vous connaissez. Tout l'écosystème d'apprentissage disponible en français, tablatures, tutoriels vidéo, accordeurs à pince, stickers de notes et marteaux d'accordage, est construit autour de ce format précis. Vous n'aurez jamais à chercher longtemps une réponse à une question technique.

Un instrument traditionnel a du sens dans un autre projet : apprendre un répertoire précis, souvent auprès d'un musicien qui le transmet, et accepter que l'apprentissage passe par l'oreille et l'imitation plutôt que par des documents écrits. C'est une démarche riche mais qui n'a pas le même point d'entrée.

Les deux ne s'excluent pas dans le temps. Beaucoup de joueurs commencent par un kalimba dix-sept lames, prennent goût à la sonorité des lames pincées, et se tournent ensuite vers les répertoires traditionnels avec une bien meilleure compréhension de ce qu'ils écoutent. Le premier instrument sert alors de porte d'entrée plutôt que de destination.

Questions fréquentes

Kalimba et sanza, est-ce la même chose ?

Presque toujours, dans le commerce français. Sanza est un terme générique désignant les lamellophones d'Afrique centrale, mais les instruments vendus sous ce nom aujourd'hui sont des kalimbas diatoniques modernes. Regardez le nombre de lames et l'accordage annoncé : s'il s'agit de dix-sept lames en do majeur, c'est un kalimba standard.

Peut-on jouer des tablatures de kalimba sur une mbira ?

Non, sauf coïncidence. Les mbira traditionnelles suivent des accordages propres à chaque lignée de musiciens, sans correspondance avec la gamme de do majeur des tablatures. Le nombre de lames, leur disposition sur plusieurs rangées et la technique de jeu à trois doigts rendent également la transposition directe impraticable.

Combien de lames a une mbira traditionnelle ?

La mbira dzavadzimu des Shona en compte généralement vingt-deux à vingt-quatre, réparties sur trois rangées de longueurs différentes. D'autres lamellophones africains descendent à cinq ou six lames seulement. Le format à dix-sept lames sur une seule rangée est propre au kalimba moderne et ne correspond à aucun instrument traditionnel précis.

Le karimba est-il encore un autre instrument ?

Le karimba désigne un lamellophone plus petit que la mbira, souvent à quinze lames sur deux rangées, également répandu en Afrique australe. Hugh Tracey en a diffusé une version moderne. Dans le commerce en ligne, le mot est cependant employé de façon interchangeable avec kalimba, ce qui entretient la confusion.

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