Dans quelle famille classe-t-on le hang drum ?
Dans celle des idiophones, c'est-à-dire les instruments dont le corps sonore vibre de lui-même. La classification de Hornbostel et Sachs, référence internationale de l'organologie depuis 1914, les distingue des membranophones, où le son vient d'une peau tendue, ainsi que des cordophones et des aérophones. Un tambour au sens strict est un membranophone.
Le mot drum accolé au nom est donc trompeur, et il l'est doublement puisque les créateurs suisses de l'instrument ne l'ont jamais employé. Ils décrivaient un instrument à sons harmoniques, pas une percussion à peau. L'usage populaire a ajouté drum par analogie avec le steel drum de Trinidad, qui appartient bien, lui, à la famille des idiophones en acier.
Ce classement n'est pas qu'une affaire de vocabulaire. Il dit quelque chose de concret : ce qui produit le son, c'est la tôle elle-même, sa forme et sa tension. C'est pour cette raison qu'un choc sur une zone accordée change la note, ce qui n'arriverait pas sur une peau de tambour.
Une percussion, mais mélodique
La distinction utile n'est pas percussion ou non, mais percussion à hauteur définie ou indéterminée. Une caisse claire, un cajón ou un djembé produisent des sons dont la hauteur n'est pas notée. Un vibraphone, un marimba, un steel pan et un hang drum produisent des notes précises, que l'on peut écrire sur une portée.
Le hang drum appartient à la seconde catégorie, avec une particularité : il ne dispose que des notes d'une seule gamme, choisies à la fabrication. Là où un marimba couvre plusieurs octaves chromatiques, un handpan neuf notes offre une palette restreinte et cohérente. Il est donc mélodique, mais dans un cadre fermé.
En pratique, cela le place à mi-chemin. Il tient le rythme comme une percussion, avec le ding et les graves qui marquent la pulsation, et il chante comme un instrument mélodique avec les notes aiguës posées par-dessus. Cette double fonction est ce qui permet d'en jouer seul sans que le résultat paraisse pauvre.
À quelles autres percussions le comparer ?
Au steel pan de Trinidad d'abord, son ancêtre direct. Taillé dans un fût métallique, il porte des zones martelées accordées et se joue avec des baguettes à tête souple. Son étendue est bien plus large et il est conçu pour l'orchestre, dans des formations qui reprennent tout le répertoire populaire.
Au tongue drum ensuite, plus proche en usage. Coque d'acier également, mais notes découpées en langues plutôt que martelées, jeu aux doigts ou aux mailloches, prix plusieurs fois inférieur. Les deux se ressemblent de loin et se distinguent immédiatement au toucher comme à l'oreille.
Aux claviers de percussion enfin, marimba et vibraphone, dont il partage la logique de hauteurs fixes frappées. La différence tient à l'étendue et au chromatisme : ces claviers jouent tout, un handpan joue ce que sa gamme autorise, et rien d'autre.
- Steel pan : fût martelé, baguettes, étendue large, jeu en orchestre
- Tongue drum : langues découpées, doigts ou mailloches, coût nettement inférieur
- Marimba et vibraphone : claviers chromatiques, plusieurs octaves, baguettes
- Hang drum : zones martelées, mains nues, une seule gamme, jeu en solo
Se joue-t-il avec des baguettes, comme les autres percussions ?
Non, et c'est la règle la plus stricte de l'instrument. Une baguette rigide marque la tôle et déplace les harmoniques de la zone touchée, ce qui rend la note trouble de façon durable. Le jeu se fait à mains nues, avec la pulpe et le bout des doigts, en rebond plutôt qu'en appui.
Cette contrainte a une conséquence sur le son : la dynamique est plus limitée qu'avec des baguettes et l'attaque plus douce. C'est une des raisons pour lesquelles le hang drum s'entend mal dans une formation bruyante et ressort au contraire très bien en petit effectif acoustique.
Le tongue drum, lui, est conçu pour la mailloche, et c'est même là qu'il donne son meilleur son. Si vous cherchez une percussion accordée à frapper franchement, avec des rythmes rapides, une attaque nette et un instrument qui ne craint pas les frappes fermes, c'est vers lui qu'il faut regarder plutôt que vers le handpan.
Quelle place dans un groupe ?
Celle d'un instrument qui accompagne et chante à la fois. En duo avec une guitare ou une flûte, il tient la pulsation avec les graves et répond à la mélodie avec les aigus. En trio avec des percussions à main, il apporte les hauteurs précises que le djembé et le cajón n'ont pas.
La limite est la tonalité. Comme sa gamme est fixée, il faut que les autres musiciens acceptent de jouer dans celle de l'instrument. C'est simple avec des instruments transposables, impossible avec une pièce écrite qui module. Beaucoup de joueurs finissent par posséder deux handpans de gammes différentes pour cette raison.
Questions fréquentes
Le hang drum est-il un tambour ?
Non, pas au sens de l'organologie. Un tambour est un membranophone, dont le son vient d'une peau tendue. Le hang drum est un idiophone : c'est la tôle d'acier elle-même, par sa forme et sa tension, qui produit la note. Le mot drum lui a été accolé par analogie avec le steel drum de Trinidad, et il est resté.
Faut-il être percussionniste pour en jouer ?
Non. Aucune technique de baguettes n'est requise et la justesse est acquise d'avance, puisque toutes les notes appartiennent à une même gamme. Ce qui se travaille, c'est la régularité du tempo et le dosage du rebond. Une expérience de percussion aide sur le rythme, mais des débutants complets obtiennent un résultat cohérent dès les premières séances.
Peut-on jouer du hang drum debout ?
Oui, avec un trépied réglé à bonne hauteur et l'instrument légèrement incliné vers vous. C'est la configuration habituelle pour jouer en public ou avec d'autres musiciens. Sur les genoux, on gagne en confort et en contact avec la coque, mais on perd en mobilité et le dos fatigue plus vite sur les longues séances.
Quelle percussion accordée choisir avec un budget serré ?
Un tongue drum. Il repose sur la même idée, des notes accordées sur une coque d'acier, pour un prix plusieurs fois inférieur, et il accepte les mailloches. Un modèle huit notes en gamme pentatonique garantit qu'aucune combinaison ne sonne fausse. Le handpan reste plus riche en harmoniques, mais ce n'est pas le point d'entrée le plus raisonnable.